samedi 29 septembre 2007

Miss Marple

Miss Marple, héroïne d'Agatha Christie, résolvait les énigmes qui lui étaient posées en faisant référence à des situations particulière (la femme du pasteur, une voisine, le laitier, ...) qu'elle extrapolait à une situation plus générale.

La séparation de la Belgique me fait furieusement penser à mon divorce.
Lors d'une discussion un peu chaude que j'ai eu avec celle qui était encore mon épouse, j'ai lancé en boutade : "Et quoi, tu veux divorcer".
Elle ne fit ni une ni deux, pris la balle au bond et entama la procédure.
Lors de la première réunion chez le notaire pour déterminer le montant des pensions des enfants et de la répartition des biens, je me suis rendu compte qu'elle y était parfaitement préparée, avait fait tout ses comptes et planifié son avenir, qu'elle avait en fait déjà divorcé depuis plusieurs mois, si pas années.
De mon côté, encore sous le choc, j'étais venu la tête et les mains vides.
Conclusion, j'ai tout accepté, n'ayant aucune contre proposition à lui opposer.

La situation belge me fait parfaitement penser à cette situation.
D'un côté nous avons la Flandre qui a son plan d'avenir, a déjà lâché la Belgique depuis de nombreuses années et n'attend que de partir avec l'argenterie et les plus beaux meubles.
De l'autre nous avons les francophones qui vivent dans l'illusion que rien ne va fondamentalement changé, qu'il n'est même pas la peine de vouloir commencer à penser imaginer une situation où ils se retrouveront seuls.

Au lieu de cela, ils se disputent pour savoir qui aura la petite cuiller en argent qui resterait cachée derrière le meuble déglingué que leurs "conjoint" n'a pas vue afin d'amoindrir la pauvreté de sa région.

D'anticipation, point; de prospective, aucune; de proaction, de proposition nada.
Comme sœur Anne qui ne voit rien venir...

J'ai mis des années à m'en remettre, à me reconstruire. Et ce n'est pas encore fini.

Tout cela augure le pire pour notre avenir.
Pas à cause des Flamands, de notre propre faute.

Pour paraphraser Lenine : "Nous leur avons vendu la corde pour nous pendre" (même pas vendu, donné) afin que certains gardent leur petits pouvoirs et avantages, sans se soucier une seconde du futur de notre communautés et nos régions.

3 Comments:

Anonymous jp said...

Je dois hélas bien admettre que ton analyse me parait assez juste... :-/

Je relisais il y a quelques jours les bouquins de Kroll. C'est dingue, mais ça fait plusieurs années que ces dessins pastichent la situation. Certains pourraient être ressortis aujourd'hui et seraient totalement d'actualité.

Mais le plus inquiétant dans tout cela, c'est que des signes de cette crise existent depuis plusieurs années et que les francophones jouent à la politique de l'autruche. Nous avons l'impression de découvrir aujourd'hui l'étendue des dégâts, alors que le sols s'effrite sous nos pieds depuis plusieurs années déjà.

Espérons que l'on puisse faire durer encore un peu le mariage pour que les francophones puissent établir un bon plan de départ et puissent divorcer à l'amiable.
Mais pour cela, il faudra plus que du temps, il faudra commencer par remplacer nombre de politiques qui n'ont pas réagit à temps et dont la réaction actuelle est stupide et déraisonnable.
Il faudra aussi, et ce sera sans doute le plus dur, faire changer les mentalités. Rendre les francophones moins dépendants et plus capables de se prendre en charge et d'entreprendre ! Quel défi!

29 septembre 2007 à 11:41  
Blogger Ø said...

Le temps perdu ne se rattrape pas...
40 ans d'atermoiement et d'immobilisme, c'est beaucoup...

3 octobre 2007 à 01:20  
Anonymous Anonyme said...

C’est passé inaperçu (*), mais le 20 septembre dernier les directeurs généraux de l’administration flamande se sont réunis pour discuter d’un nouveau rapport à l’attention du gouvernement flamand. Rapport qui complète, précise et corrige les 95 revendications de réforme de l’Etat.
Ce rapport est rendu nécessaire dans l'imédiat, parce qu'on le sait, l’article 35 de la Constitution n’a pas été déclaré révisable. Pourtant, celui-ci stipule que les compétences résiduaires sont allouées aux Communautés et Régions alors que le pouvoir fédéral est responsable de tous les sujets qui lui sont spécifiés. Embêtant parce qu’il serait logique qu’il devienne d’application le plus rapidement possible dans l’objectif d’obtenir les compétences plus homogènes, une plus grande autonomie fiscale ou encore une division des compétences fédérales comme la Sécurité sociale, le Droit social ou la Justice…
Bref, les Flamands travaillent sur un texte apportant des précisions sur les changements législatifs nécessaires à un approfondissement de la régionalisation. C’est de bonne guerre. Les Flamands préparent l’avenir.

Et si on analyse plus en profondeur certains thèmes, on peut se dire que, par exemple, les habitants francophones de Flandre (Communes à facilités, Fourons, et autres…) auront bientôt des raisons supplémentaires de s’inquiéter. On sait, et les partis qui se disent défenseurs des ces habitants francophones en font grand cas, que la pression internationale pousse à la ratification de la « Convention cadre pour la protection des minorités ». Les directeurs généraux de l’administration flamande en sont à formuler une « définition juridique étanche de la minorité nationale qui ne présente aucun danger pour les principes de territorialité et la législation linguistique ». Pas mal, non ?
Il en va ainsi pour d’autres domaines, comme la régionalisation complète du Commerce extérieur, les soins de Santé, l’autonomie fiscale, les représentations au sein des conseils des ministres européens, les organismes scientifiques restés fédéraux, etc…

Organisés, prévoyants et fidèles à la feuille de route historique du Mouvement flamand, ces exigences bien ficelées vont continuer à donner des cheveux gris à ceux qui en face se contentent de faire comme si c’était le fait d’une « minorité d’extrémiste et que comme nous sommes tous belges, le bon sens prévaudra » et qu’il faut continuer à n’être demandeur de rien.

Les Flamands auront ainsi bientôt « tout » ce dont ils ont besoin et, en face, « bêtement belges tous seuls », les partis francophones traditionnels n’auront « rien ». Comme ils l’auront voulu et annoncé… pour notre plus grand malheur.

(*) Sauf pour Trends-Tendance du 20/09...

tiré de http://www.claude-thayse.net

8 octobre 2007 à 16:34  

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